En affichage brut, le projet de loi de finances pour 2027 affiche une baisse de 13 à 14 % des crédits. Une part importante du reflux s’explique par le transfert de la politique forestière (400 millions d’euros) vers le ministère de la Transition écologique. Le projet de loi de finances de fin de gestion doit ouvrir 285 millions d’euros supplémentaires pour le ministère. Un fonds de réarmement doit accompagner les exploitations les plus fragilisées, notamment pour l’achat de semences.
Les sénateurs ont aussi contesté l’arrêt, un an plus tôt que prévu, d’une dotation de 100 millions d’euros versée par l’État aux régions au titre du Feader. Ce pan du budget 2027 manque encore pour préparer les amendements.
«À l’heure où je vous parle, plus de la moitié des dossiers déposés sont déjà instruits et 41 millions d’euros sont déjà arrivés sur les comptes bancaires des agriculteurs», a indiqué Mme Genevard. Trente mille exploitations ont été identifiées, pour des versements de 5 000 à 15 000 euros.
Le plan complète un dispositif d’urgence ouvert dès septembre après les catastrophes climatiques de l’été, notamment une sécheresse inédite depuis 1976. Le gouvernement avait d’abord estimé les besoins entre 300 et 400 millions d’euros. Le gouvernement prolonge jusqu’à la fin de l’année une ristourne sur le gazole agricole et un plan engrais de 145 millions d’euros, cofinancé aux trois quarts par des fonds européens.
Annoncé le 15 octobre par le Premier ministre, ce volet n’était pas dans la copie initiale bouclée le 20 septembre. Il passera par des amendements gouvernementaux, «très prochainement au Sénat». «Ce n’est pas un fonds qui vise à compenser les pertes», a précisé la ministre. Un guichet d’aides aux équipements, le financement de «projets d’avenir», des prêts garantis et un renforcement des transmissions aux jeunes sont également prévus.