Le 24 octobre 2025, en abaissant la perspective de la note française à négative, Moody's avait expliqué ce qui pourrait la conduire à diminuer à l'avenir la note elle-même, tout en espérant alors pour 2026 une croissance de 1 % en France et une inflation de 1,4 %. L'inflation a grimpé à 3,1 % sur un an en septembre et la croissance annuelle a été sévèrement revue en baisse par l'Insee, à 0,4 %, après un premier semestre proche de la récession.
Jeudi à la clôture de la Bourse de Paris, le rendement de la dette française à dix ans s'est fixé à 5,07 %, soit 1,74 point de plus que le taux de l'Allemagne, considérée comme l'emprunteur européen le plus solide. Ce taux avait dépassé la veille pour la première fois depuis 2002 le seuil de 5 %.
La situation s'inscrit également dans un contexte de mécontentement social fort, marqué par des violences et pillages le weekend dernier dont les images ont sidéré en France et au-delà des frontières du pays.
La France, qui devra rembourser l'an prochain 91 milliards d'euros d'intérêts au titre de la charge des intérêts de la dette, parvient toujours à trouver des prêteurs, mais à un coût de plus en plus cher.
Les économistes voient peu de raisons pour que l'agence de notation ne l'abaisse pas, dans un contexte où le déficit public devrait finalement atteindre 5,4 % du produit intérieur brut cette année. L'agence avait fait valoir que le déficit public de 5,1 % du PIB en 2025 est plus faible que sa prévision, ce qui rend l'objectif de 5 % en 2026 plus atteignable.
Le 10 avril dernier, bien que les conditions d'un abaissement de la note semblaient réunies, notamment avec la suspension de la réforme des retraites, Moody's avait toutefois maintenu sa note. L'agence de notation Moody's se prononce vendredi 23 octobre sur la note de la France, alors que les finances publiques françaises se sont encore dégradées.