Depuis 2016, les commerces alimentaires de plus de 400 m² ont l'obligation de proposer une convention de don à une association d'aide alimentaire. En contrepartie, ils peuvent bénéficier d'une réduction d'impôt égale à 60% de la valeur des dons, dans les limites prévues par la loi.
Face à ces dérives, l'UGESS réclame davantage de soutien politique et financier aux programmes d'approvisionnement en propres des associations, afin qu'elles puissent choisir et améliorer la qualité de l'alimentation qu'elles proposent.
L'étude indique que 16% des produits donnés par les grandes surfaces sont directement jetés par les associations, notamment parce qu'ils sont périmés ou trop abîmés pour être consommés. Outre le chiffre de 60 millions d'euros de réductions d'impôt liées à des produits abîmés ou périmés, l'organisation dénonce le temps consacré au tri de ces denrées non consommables par les bénévoles et salariés des associations, évalué à 22 000 heures par an au sein de son réseau.
Cette situation intervient dans un contexte de crise de pouvoir d'achat et de rejet par le Sénat de la proposition de loi 80 produits sains à prix coûtant. Elle soulève des questions sur la qualité nutritionnelle et l'efficacité des dispositifs de défiscalisation accordés aux commerces alimentaires.
L'UGESS pointe également la mauvaise qualité nutritionnelle des dons, dont près de 30% sont des produits ultratransformés selon son étude. Ces produits sont destinés à des personnes qui souffrent de manière très forte des inégalités sociales de santé, et qui souffrent plus que la moyenne d'hypertension artérielle, de diabète, d'obésité et de surpoids.
Selon l'organisation, qui accompagne près de 150 épiceries sociales et solidaires, les dons de la grande distribution représentent environ 40% des denrées distribuées par les associations d'aide alimentaire. L'UGESS estime à environ 100 millions d'euros les réductions d'impôt dont bénéficie la grande distribution pour ces produits ultratransformés.