Une étude du Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap), publiée mardi 3 novembre, nuance le rôle de TikTok dans les mobilisations lycéennes et le mouvement de jeunesse de l’automne. Seuls 8 % des établissements bloqués au début du mouvement lycéen avaient été nommés dans une vidéo avant l’apparition des premières images de leur blocage.
Les trois auteurs, spécialistes en sciences sociales computationnelles et en sociologie politique, ont examiné près d’un million de vidéos publiques, cumulant 16 milliards de vues et 4,5 millions de commentaires, entre le 1er septembre et le 29 octobre.
Ils constatent que les traces d’une coordination des violences restent très limitées. TikTok apparaît surtout comme un espace de circulation des mots d’ordre et, dans une moindre mesure, d’informations pratiques.
Ces résultats n’excluent pas une coordination hors du champ d’observation, dans les messageries privées ou sur d’autres plateformes, précisent les chercheurs.
Ils invitent à interroger la pertinence d’une restriction dont l’efficacité pour prévenir les violences reste à établir.
Les commentaires des vidéos montrant des violences condamnent ces actes près de dix fois plus qu’ils ne les célèbrent. Les appels explicites à la violence représentent 0,27 % des commentaires. Les images de violence représentent 14 % des vues, et plus de la moitié viennent des médias. Les revendications (32 % des vues) et l’humour (31 %) pèsent davantage.
Les chercheurs pointent deux vagues successives dans la circulation des vidéos, correspondant aux principales séquences des mobilisations: les manifestations lycéennes, puis la généralisation du mouvement de jeunesse, avec des pics respectifs les 1er et 17 octobre. La date du 17 octobre a gagné en visibilité dès les 8-10 septembre, avant même les premiers articles de presse.