À travers cet ouvrage, le lauréat analyse la difficulté de transmettre l'expérience de l'emprisonnement et de rendre leur identité à ceux que la répression a brisés. Ce combat pour redonner une voix aux oubliés des guerres du Proche-Orient s'accompagne d'un engagement pour la situation des journalistes de terrain.
Ce correspondant basé à Beyrouth couvre l'actualité du Proche-Orient en s'efforçant de raconter les vies que la violence politique, les bombes et parfois les médias relèguent dans l'ombre. On le voit alors à la télévision, sur LCI, se filmant au milieu d'une Beyrouth dévastée par les bombardements, avant de faire découvrir la parole de ceux qui subissent ces événements de plein fouet.
Ce travail sur la mémoire des survivants syriens fait émerger une préoccupation plus large concernant la manière dont les médias racontent ou échouent à raconter certaines vies, en particulier les vies arabes. En avril dernier, l'ouvrage avait déjà obtenu le prix du livre de journalisme aux Assises du journalisme de Tours.
Le journaliste a également pointé les conditions indignes dans lesquelles vivent les correspondants à l'étranger, en zone de guerre ou non, qui doivent souvent tout financer eux-mêmes. Il a énuméré les frais non couverts, y compris par les médias du service public, parmi lesquels les hôtels, les transports, les repas, les assurances, les logiciels, le matériel ou les gilets par balles, alors qu'un reportage est rémunéré cent euros brut.